Samedi 24 décembre 2011 6 24 /12 /Déc /2011 04:50

La capacité d'apprendre constitue une merveilleuse faculté naturelle. Sans elle, jamais un enfant ne pourrait devenir adulte, ni un adulte s'adapter aux aléas de la vie, nous dit Bruno Hourst[1]. Cette capacité naturelle, pour se développer et atteindre son pic, nécessite, notons le,  un apprentissage adapté. Celui ayant pour objectif d’aider les apprenants, les élèves à être un acteur clé de leur apprentissage au même titre que le professeur. Ceci, en leur dotant des outils et des techniques indispensables et importants sur «apprendre comment apprendre », sur comment s’auto-motiver et garder sa motivation pour réussir, sur comment en un mot prendre en mains son apprentissage…

Cette nouvelle approche dans l’apprentissage libère les apprenants du formateur. Elle leur donne la responsabilité de faire avancer la formation sans l’aide et la présence du formateur, lui-même, considéré comme un guide, un coach, un mentor... Il est là pour motiver les apprenants sur le rôle qu’ils doivent jouer et sur leur implication  dans la réussite  de l’enseignement et de l’apprentissage. Les apprenants dans ce cas ne sont plus dépendants totalement du formateur.

Ces techniques sont encore plus utilisées en formation professionnelle. Pour avoir de la dextérité manuelle, pour une bonne connexion main – cerveau, la répétition des gestes, l’exercice s’avèrent être obligatoires. Et c’est aux apprenants de travailler pour développer tous les reflexes liés à l’apprentissage du métier qu’ils souhaitent exercer.

A ce titre, comment le formateur doit-il s’y prendre pour planifier son apprentissage? Comment peut-il orienter son enseignement en vue d’aider les apprenants à prendre en mains leur apprentissage?  Quel role doit jouer la motivation dans sa démarche ? Comment le formateur peut aider à la revalorisation des métiers techniques auprès des jeunes ? Les  métiers manuels offrent-ils des débouchés garantis sur   le marché de l’emploi haïtien?   Autant de questions que nous nous proposons de répondre et de développer dans ce texte.

Optimiser les situations d’apprentissages en formation professionnelle.

Le terme apprentissage se réfère aujourd’hui autant au champ scolaire qu’aux pratiques professionnelles et peut être défini à travers deux entrées possibles, l’une plus directement éducative et l’autre davantage psychologique. Selon René La Borderie[2]  Le terme apprentissage englobe en réalité des activités plus complexes que celles liées à apprendre. Derrière ce concept toujours selon La Borderie est regroupé tout ce qui relève du comprendre ; c’est pourquoi certains preferent distinguer ces deux activités et parlent d’apprentissage d’une part et de comprentissage d’autre part. Et dans cette entrée éducative, progressivement furent différenciées les taches strictement d’apprentissage visant à faire mémoriser, consolider, réinvestir des savoirs ou des savoir-faire et les taches de compréhension destinées à faire réfléchir, poser des problèmes, amener à forger de nouvelles procédures. Les situations d’application dans le premier cas, les situations de recherche dans le second cas, traduisent cette différence d’objectif complémentaire : comprendre, Apprendre.  Il est, ainsi, possible d’identifier deux aspects du terme apprendre :

     1.        Une première acceptation qui renvoie au conditionnement et aux automatismes dans l’objectif  de valider l’idée d’un apprentissage.

    2.        Une acceptation, celle qui fait intervenir la conscience de celui qui s’engage dans l’apprentissage.

 L’entrée psychologique elle-même capitalise sur trois composantes : la psychologie des apprentissages, dans sa dimension cognitive ; la psychologie  des sujets, les aspects développemental et génétique ; la psychologie des relations interindividuelles, importance de la dimension sociale dans les activités d’enseignement-apprentissages.

Ainsi, « pour la psychologie, l’apprentissage consiste  en une modification de la capacité d’un individu à effectuer une tache  sous l’effet d’interactions avec l’environnement[3]. Le mot peut aussi designer le processus de modification ou le résultat du processus. A cet effet, le progrès présupposé d’un apprentissage est observable par la modification bien sur de la performance ».

Cette performance donc, est elle-même soumise à d’autres facteurs  internes, comme la motivation du sujet (intrinsèque et extrinsèque),  sa vigilance, son assiduité, son enthousiasme, sa discipline, son sens de l’initiative, sa curiosité et sons sens aigu pour le travail bien fait.  Une seconde remarque est relative au fait que l’apprentissage est dépendant de la situation dans laquelle il se déroule.  Notre situation d’apprentissage par exemple à l’Université Quiskéya (Uniq) après le 12 janvier est très difficile. Le milieu est très bruant ce qui fait que la réception n’est jamais optimale pour les étudiants. D’où les incidences négatives du milieu sur l’apprentissage. Cela a également des répercussions directes sur la motivation extrinsèque des étudiants. On s’ennui à suivre les cours, les salles sont exigües et souvent il n’y a pas assez de sièges pour tout le monde.

 a)   Choisir les meilleures situations d’apprentissages.

L’apprentissage se trouve, pour ainsi dire, au cœur d’un réseau de variables dont les interdépendances  agissent sur les effets. D’où la nécessité pour le formateur d’optimiser les situations d’apprentissages particulièrement en formation professionnelle.

Le choix des situations d’apprentissage ainsi que la manière de les présenter et de les animer peuvent affecter grandement la motivation des élèves à y participer et c’est pour cela que le formateur doit dès le premier contact tracer la voie à suivre et utiliser des stratégies adaptées à son groupe et à son environnement.  

Il doit aussi définir clairement ses attentes par rapport aux tâches, Montrer comment faire, situer  les  apprenants par  rapport  aux  contenus d’apprentissage  et  aux compétences en jeu, faire voir l’utilité et le sens des apprentissages, proposer  des  tâches  variées,  riches,  stimulantes  et  permettant  la participation de tous.

Tout cela dans l’objectif de garder à un rang élevé la motivation des apprenants. Indispensables pour développer les compétences ciblées ou atteindre les objectifs ciblés et les susciter à développer les qualités requises pour apprendre.

 b)  Les qualités nécessaires pour apprendre

Dans son ouvrage l’Art d’Apprendre[4], James M. Banner Jr et Harold C. Cannon montrent clairement que l’intelligence, l’esprit mathématiques, le don des langues, la maitrise de la méthode scolaire, et la pratique des examens ne sont pas les seules qualités qu’un apprenant doit développer pour réussir son apprentissage. Ces qualités ne permettent pas aux formés d’aller bien loin. Ils Conseillent à ce titre de développer d’autres qualités grâce auxquelles ce qu’on apprend restera fixé dans notre esprit et dans nos sens et s’épanouira en une véritable et profonde compréhension des choses.

Il nous faut posséder selon eux,  les ingrédients nécessaires à l’acquisition de savoir et de savoir-faire, les qualités humaines qui nous permettent d’apprendre ce que nous devons apprendre et voulons savoir. Ces qualités écrivent-ils sont d’une importance cruciale pour le bien-être de l’apprenant et pour sa réussite tout au long de sa vie.

D’aucuns  peuvent penser en réalité que le fait d’être un bon élève n’est rien qu’un épisode de la vie sans valeur intrinsèque, or on le sait tous, l’acquisition d’un savoir constitue souvent un bien en soi. Et on apprend parce que l’on y est poussé par un insatiable désir de comprendre, par la simple joie que procure la connaissance et parce qu’aussi le savoir apporte une profonde satisfaction personnelle voir collective.

Tout ceci est pour dire que toute situation d’apprentissage exige de l’apprenant des qualités intrinsèques et le formateur doit aider l’apprenant à les connaitre et à les développer. C’est l’un des principaux moyens pour créer chez l’apprenant l’indépendance et la motivation d’apprendre seule. En réalité, les meilleurs établissements d’enseignement, les meilleurs professeurs, les meilleurs programmes du monde, ne peuvent rien apporter sans l’engagement de l’apprenant.

L’étude reste et demeure le contraire de la facilité et de l’indolence. Elle exige une application de tous les instants, de la concentration et souvent même de l’isolement.  Il est peu de choses de valeur dont la production ne demande aucun mal. Il faut posséder pour cela les qualités suivantes :

1)    L’assiduité, toutes les grandes inventions n’ont pas été créées par des cerveaux inactifs et paresseux, pas plus les pièces de Franckétienne, les toiles de Tiga etc. mais par de rudes travailleurs, par des tenaces. Travailler dur c’est comme un investissement rentable et les retombées sont immesurables. Le filament électrique de Thomas Edison, éclaire le monde entier. Et lui-même a dit que le génie est fait de 99% de transpiration et de 1% d’inspiration donc rien ne peut remplacer l’assiduité dans l’apprentissage.  Aussi, on se souvient encore de Pablo Casal, grand violoncelliste, qui s’entraine tous les matins au bord de la mer à la recherche de la note parfaite même après avoir reçu toutes les distinctions existantes pour son domaine dans sa carrière de musicien.

2)   L’enthousiasme,  l’enthousiasme jaillit de l’intérêt que l’apprenant  prend aux choses. La première démarche d’un apprenant doit-être de chercher à découvrir dans l’apprentissage quelque chose qui soit susceptible de l’intéresser. Il grandit lorsqu’il établit un lien entre ce qu’il apprend et sa vie.

3)   L’initiative, L’acquisition de connaissance nouvelle exige que l’apprenant fasse preuve d’initiative. Le formateur doit encourager les apprenants à se fixer des objectifs ambitieux et de tenter les atteindre seul. Aussi il doit aider les apprenants à développer la culture du risque et la capacité d’anticiper sur ce qui va suivre.

4)   L’autodiscipline,  C’est prendre en main son propre bien-être d’apprenant. Cela suppose de la résistance à l’attrait de toutes les activités qui ne contribuent pas à l’acquisition de connaissances nouvelles. C’est s’imposer à soi-même des critères exigeants en vue d’atteindre les objectifs ciblés. C’est également renoncer à des plaisirs immédiats au profit de satisfactions plus tardives et plus importantes, donc retarder la satisfaction selon Scott Popeck[5]

 

Le succès dans l’étude comme dans tout le reste exige des qualités indispensables.  Et les bons formateurs doivent aider leur apprenant à développer ces qualités. L’objectif est de créer des hommes susceptibles de voler de leurs propres ailes, d’influencer à leur rythme l’apprentissage, capable de prendre en charge leur destin et la formation professionnelle en Haïti a besoin que de ces cadres là.

La formation professionnelle et technique en Haïti, état des lieux.

Actuellement, on remarque une véritable crise de la main d’œuvre pour les métiers manuels en Haïti. 12 janvier vient encore  montrer qu’il y a un besoin urgent de former de cadres techniques compétents dans certains domaines notamment dans le domaine de la construction. Ce déficit de techniciens  est la conséquence indirecte de la dévalorisation de ces types de  métier, et en particulier des métiers du bâtiment qui correspondent cependant à un savoir-faire indiscutable.

Pourquoi cette déconsidération ? Pour deux raisons. Auparavant, dans les années 80, les métiers techniques avaient une mauvaise image de marque, tout simplement parce qu’on y envoyait les jeunes en échec scolaire, et tous ceux qui ne souhaitaient pas se lancer dans de longues études ou qui ne peuvent pas franchir la porte des universités. Ils étaient orientés vers ces filières même s’ils n’en avaient pas envie. Ce sont ces jeunes qui ont dévalorisé les métiers manuels. Pourtant, certains d’entre eux se sont découvert de réelles motivations. Ceux-là ont réussi : quelques-uns se sont mis à leur compte, ont créé leur entreprise, embauché du personnel, bâti leur maison…

La seconde raison de cette déconsidération est que les salaires n’étaient pas très attractifs. Aujourd’hui, tout est différent. Les affaires reprennent et le pays a un besoin accru de cadres techniques compétents. Les techniques ont évolué, les outillages se sont modernisés, les matériaux sont devenus plus complexes... L’enseignement s’est adapté à cette évolution. Actuellement, les salariés ont suivit une formation plus pointue qu'avant. L’enseignement actuel et les salaires dans les métiers techniques  ont désormais de quoi motiver les jeunes.

Conséquences de cette dévalorisation

Le fait qu’il y ait peu de candidats pour les métiers manuels, a bien entendu pour conséquence un manque de techniciens dans le pays. On parle même de pénurie. Ce manque continue malheureusement à s’aggraver au fur et à mesure du départ en terre étrangère des ressources techniques qu’on avait, tantôt vers les USA et particulièrement vers le Canada. L’autre conséquence indirecte est l’augmentation du chômage chez certains jeunes qui ne choisissent pas ce secteur d’activité. Et pourtant, les entreprises du bâtiment recherchent désespérément maçons, coffreurs, peintres, carreleurs, charpentiers, menuisiers. L’industrie manque d’électriciens, de mécaniciens, de plombiers, d’ouvriers qualifiés en métallurgie, etc.  Et pour résoudre ce problème, elles sont obligées de faire appel à des techniciens étrangers.

Plusieurs centres de formation professionnelle et technique existent à travers le pays et particulièrement à Port-au-Prince mais deux selon mes constats sortent du lot par la qualité de leur programme et programmes semblent plus ou moins tenir compte du besoin spécifique du marché de l’emploi haïtien. C’est  le Canado Technique et Haïti Tec. Ces deux centres selon leur dirigeant travaillent au jour le jour à la revalorisation de la formation Professionnelle et Technique en Haïti en offrant aux jeunes une formation de qualité et adaptée au besoin du marché. Les techniciens à en croire Rhony Desrogène, Directeur exécutif de Haïti Tec sont formés pour être compétitifs et pour réduire l’importation de cadres techniques de l’étranger.

Des solutions existent :

La plus importante consisterait à rétablir la considération de ces métiers. D’autant plus qu’il y a un fort potentiel d’embauches. C’est le cas actuellement. Ensuite, permettre une bonne information dans ces directions, et orienter les élèves qui échouent scolairement vers ces formations, tout en leur expliquant au mieux les raisons de cette réorientation. C’est souvent le cas que des jeunes, qui sont peu aptes à poursuivre des études théoriques, peuvent, par contre, être excellents dans ces métiers. Avant, on dirigeait systématiquement les élèves en difficulté vers les métiers manuels. Actuellement, certains jeunes se rendent compte qu’être maçon ou plombier, ce n’est pas si mal que cela ! Et surtout, le salaire peut être motivant : le fait qu’il y ait un certain manque de main d’œuvre provoque une hausse des salaires.

Aidez les apprenants à faire face aux stéréotypes liés aux métiers manuels par la technique du « Aller vers ».

Tout bon formateur dès ses premières séances doit faire une radiographie de sa salle en vue d’avoir une idée précise du groupe qu’il a en face et des apprenants qui le composent. Cette radiographie va lui permettre  de connaitre ses apprenants, connaitre leur origine sociale, connaitre leur attente, leur aspiration, avoir des informations sur leur vécu et savoir ce qu’ils pensent des métiers techniques et ce qu’ils ont entendu dire de ces métiers tout cela dans l’objectif de connaitre le niveau de leur motivation. « L’aller vers » très recommandé en communication de groupe est un outil simple et puissant. Il fait appel au charisme du formateur, à sa maitrise des techniques d’expression scénique et à son sens aigu de l’écoute en vue de créer un climat propice d’échange entre lui et sa classe.

Cette technique va favoriser des échanges sincères entre le formateur et  le groupe en général et à chaque apprenant en particulier. Comme Résultats, les interventions des apprenants seront analysées et des réponses et commentaires appropriées du formateur aideront le groupe à adopter une nouvelle attitude de pensée par rapport aux métiers techniques. Et l’image du formateur technicien va aussi avoir un impact positif ou négatif sur le groupe. On le dit, la réussite d’une salle dépend à pourcentage élevé de l’image positive ou négative du formateur. Voila pourquoi le formateur de part l’image qu’il projette sur sa classe peut déjà aider la salle à rester motiver et à avoir une bonne image des métiers  techniques.

Les métiers techniques et l’Haïti de demain.

Comme signalé plus haut notre enquête auprès de deux directeurs de centre notamment celui de Haïti Tec, Rhony Desrogène nous a permis de savoir que le pays dans l’ensemble dépense beaucoup d’argents à faire venir de cadres techniciens de l’étranger notamment des pays hispanophones, la Dominicanie, le Guatemala, le Honduras, Cuba et j’en passe en vue de pallier au déficit de techniciens haïtiens qualifiés.

Selon lui l’avenir heureux d’Haïti passe indubitablement par la formation de cadres intermédiaires compétents en vue d’être en phase avec le développement de la technologie. Dit-il, les équipements qui nous arrivent sont de plus en plus sophistiqués. Il est très difficile de trouver un technicien haïtien dans certains cas capable de les opérer, de les dépanner voire de les réparer. On comprend l’urgence qu’il y a pour les centres opérant dans le secteur de la formation professionnelle d’agir, en ajustant leur curricula en fonction de la réalité du marché mais aussi en vue d’offrir une alternative aux jeunes désireux de faire une carrière technique. 12 janvier a encore augmenté notre déficit en techniciens.  C’est tout cela qui prouve combien la formation professionnelle s’avère être importante et qu’il faut de plus en plus intéresser les jeunes à s’orienter vers ce secteur.

On le dit toujours, on a besoin de tout le monde pour faire un monde. Le développement de notre pays passe forcement par la quantité de jeunes et plus encore par la qualité de formation qu’ils ont reçue. C’est tout cela qui doit interpeller tout un chacun, les jeunes, les professeurs, les centres en vue non seulement de promouvoir les métiers techniques mais aussi de donner au jeunes ayant pris la décision de faire la technique l’encadrement nécessaire pour rester motiver, travailler dur et réussir.

 

                                                                                                                                                                 ducgermain@yahoo.fr

 


[1] Auteur de l’ouvrage AU BON PLAISIR D’APPRENDRE, Interéditions, juin 2008

[2] Auteur de l’ouvrage, Les sciences cognitives en éducation, Nathan, avril 2000

[3] Page 16, Les Stratégies d’apprentissages, Comment accompagner des élèves dans l’appropriation des savoirs, Michel Perreadeau, Edition Armand Colin, Paris 2009.

[4] Nouveaux Horizons, Paris, Juin 2007

[5]  Auteur de l’ouvrage Le chemin le moins Fréquenté, Robert Laffont, novembre 2002

Par Duc
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Samedi 24 décembre 2011 6 24 /12 /Déc /2011 04:39

Personne n’ignore qu’être enseignant c’est à la fois être une personne ayant un sens de l’autre très aigu, une solide capacité d’être toujours à l’écoute et  aussi de maitriser cette technique très prisée en communication qui est la technique du « aller vers ». Pourquoi ? Parce qu’évidemment le professeur est un manager de succès. Il est le garant de la réussite du groupe qu’il a en face de lui. Il atteindra cet objectif quand il crée l’environnement adéquat, motivant qu’il faut en vue d’inciter ses élèves à être autonome et à apprendre de part eux-mêmes. Voilà ce qui résume ma conception de la gestion de classe.

La gestion de classe est ainsi selon moi un ensemble de techniques utilisées par un professeur dans l’objectif d’aider ses élèves à atteindre des objectifs d’apprentissages. Et l’application de ces techniques va à coup sûr favoriser la réussite du groupe et de chaque élève en particulier.  Et moi-même comme formateur, je me force toujours d’appliquer les principes de bonne gestion en vue de faciliter la réussite de tout un chacun.

Il s’agit pour moi de prêcher par l’exemple. Dit-on la réussite ou l’échec  d’une classe dépend à 70% de l’image positive ou négative projetée par le professeur.  Il est question donc d’être à bord pour utiliser un terme très courant en Haïti ces derniers temps avant d’inviter les élèves à prendre place. J’ai un style plutôt libéral mais dans les limites des règles préalablement fixées. J’ai un style très relationnel également ce qui me facilite les échanges avec mes classes.

Ce style que tout professeur devrait avoir, fait que j’ai toujours une ambiance propice d’apprentissage dans mes salles de cours. Mes apprenants sont toujours en confiance. Et l’autre avantage que j’ai, c’est qu’ils sont en général des adultes. Ainsi, j’utilise beaucoup le brainstorming pour leur toujours faciliter la parole. Leurs réponses sont  par la suite traitées adroitement et les bonnes sont adoptées par le groupe et sont données en exemple.

Pour le faire, il ne faut pas se présenter comme celui qui détient la totalité du savoir. En réalité, personne ne peut rien apprendre à personne. On peut donc accompagner quelqu’un dans son processus d’apprentissage. À cela, je me présente toujours comme un facilitateur, un guide, un accompagnateur. J’essaie donc de leur faire prendre conscience qu’ils sont le maitre, l’acteur de leur apprentissage. Eux seuls peuvent apprendre et eux seuls ont besoin de développer de nouvelles compétences. Donc c’est à eux d’agir pour eux-mêmes avec mon accompagnement. Un bon professeur doit être un coach, un metteur en scène et non un acteur. Et c’est ce qui fait que moi-même, dès la première séance ensemble, on écrit le contrat régissant le fonctionnement de la classe pendant la durée du cours en vue de créer un climat de respect, de confiance et d’échange.

Important à signaler également, c’est que le professeur est aussi quelqu’un qui doit développer le sens de l’empathie. Le professeur doit toujours avoir un regard sur l’autre. Edmund Hursell, père de la phénoménologie voit l’éducation comme une  situation de regard sur l’autre à travers le principe de l’Altérité qui veut dire pour lui : se mettre à la place de l’autre. Ceci permettra aux professeurs de mieux comprendre ses élèves et d’être mieux armés à faire face aux actions d’indiscipline du groupe ou d’un élève en particulier. L’indiscipline est selon moi normal et fait partie intégrante de la réussite des élèves comme l’échec fait partie du succès. Il n’existe pas une classe homogène et tout un chacun a un vécu, un passé qui pourrait avoir des incidences positives ou négatives sur son présent.

Le professeur, à ce titre, doit avoir cette capacité de prendre l’altitude par rapport à un acte d’indiscipline d’un de ses étudiants et voir cet acte comme une opportunité de renforcer ses règles. C’est également une interpellation, une invitation qui est faite au professeur de se renseigner beaucoup plus sur le vécu ou le passé de son étudiant fautif, l’aspect affectif dans l’acte d’enseigner.

Il doit dans ce cadre-là se montrer très tolérant, ce que je sais et que j’applique. Je suis très tolérant et donne toujours aux étudiants une porte de sortie en vue de se revaloriser auprès du groupe. Mais à chaque cas d’indiscipline une technique de résolution. Mes manières de résoudre est franchement la communication jusqu’à présent. Et cela par rapport aux cas que j’ai déjà rencontrés.

Avec ma facilité de communiquer et de gagner la confiance de mes étudiants, la méthode d’apprentissage  que j’utilise qui est l’approche par compétence, j’ai cette chance de toujours réussir à bien gérer mes salles de cours et d’ainsi faciliter l’atteinte des objectifs d’apprentissage. Ce qui fait que je ne nourris aucunes craintes et que je crois fermement que quand l’apprentissage est orienté vers l’apprenant, la chance d’atteindre les objectifs et d’avoir un climat propice d’apprendre est garantie.

 Chose que je fais toujours et que je crois être indispensable également, c’est que je me prends toujours en exemple et je me vends aux étudiants comme j’étais réellement. Je partage avec eux également des modèles de détermination, d’engagement, de combattants et de rudes travailleurs qui ont lutté pour transformer leur vie et leur communauté. Aussi, je capitalise beaucoup sur la réalité haïtienne pour leur faire comprendre que dans ce pays, seule la formation jusqu’ici peut aider quelqu’un à changer sinon améliorer sa vie. L’éducation dit-on élève une nation mais je le crois dur comme fer que sans l’ordre et la discipline aucune nation ne connaitra la richesse ou le développement.

Mon discours est donc simple et pratique. De personnalité, je suis très pragmatique. Fais que mon discours est toujours bien reçu. Également, il faut dire que j’ai une bonne maitrise de la communication de foule. Je n’ai plus de stress quand je suis en public. C’est important pour un professeur de ne pas se montrer traquer devant ses étudiants. Cela aurait indubitablement des incidences négatives sur la confiance des étudiants, donc sur l’apprentissage.

Par Duc
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Samedi 24 décembre 2011 6 24 /12 /Déc /2011 04:32

La capacité d'apprendre constitue une merveilleuse faculté naturelle. Sans elle, jamais un enfant ne pourrait devenir adulte, ni un adulte s'adapter aux aléas de la vie, nous dit Bruno Hourst. Cette capacité naturelle, pour se développer et atteindre son pic, nécessite, notons-le,  un apprentissage adapté et surtout l’utilisation d’une approche d’apprentissage adaptée. Une approche  ayant pour objectif d’aider les apprenants, les élèves à être un acteur clé de leur apprentissage. Ceci, en leur donnant les outils et les techniques indispensables et importants sur «apprendre comment apprendre ».

L’éducation comme on le sait tous a pour mission de former des hommes et des femmes pouvant participer à la production de connaissances mais surtout des hommes et des femmes prêts à améliorer la vie, à assurer l’avenir etc... C’est au fait  le seul moyen efficace pour développer chez l’homme des compétences physiques et mentales susceptible de l’aider à être meilleur au jour le jour. Ce processus d’amélioration de l’homme, comme je l’avais dit, qui est appelé à être meilleur aujourd’hui que hier exige sans aucun doute l’utilisation de méthodes efficaces sinon d’une méthode efficace.

Donc, l’homme par son éducation n’est-il pas l’un des êtres le plus intelligent, le plus grand et le plus important de l’univers ? En cela, comment l’approche par compétence comme méthode d’apprentissage  peut-elle aider à un meilleur apprentissage de l’élève haïtien pour la formation de nouvelles générations, capable de transformer le pays? Sur ce, pour expliciter cette assertion, une approche minutieuse nous permettra de faire lumière là-dessus en mettant l’emphase sur le rôle de l’éducation, l’éducation en Haïti aujourd’hui, les approches priorisées, les caractéristiques de l’approche par compétence et surtout pourquoi et comment elle peut aider.

Rôle de l’éducation

Ce n’est pas une originalité de faire remarquer que  l’éducation nous ouvre sur la philanthropie, sur la civilisation, et sur toute l’humanité. Elle est la colonne vertébrale de la société, car elle fait promouvoir la perfectibilité de l’homme. Elle fait sortir l’homme de l’état des origines pour connaitre certaines perfections de ses facultés. Elle englobe tous les axes, secteurs de la vie humaine. De là, l’éducation est le moteur, le poumon, l’élément clé, la garantie du développement humain et la transformation intégrale d’une société donnée.

 Donc, l’éducation c’est la clé de voute du progrès et elle aide l’homme à avoir le gout, l’amour du travail, car le travail de son côté ennobli l’être humain, le milieu ambiant, ainsi que la nature. L’éducation a pour rôle de mener l’individu à l’excellence. Elle conduit l’homme au bien et vise le bien commun de l’homme en société. Donc, on peut dire que sans elle l’homme est finalement incapable de déterminer son rôle.

Dans cette perspective, l’éducation a pour rôle, « de faire que l’activité de l’enfant devienne maitresse d’elle-même. Ainsi, elle a le rôle d’aider une conscience et une raison à naitre et à se former». L’éducation se révèle indubitablement importante et nécessaire pour le développement humain, car elle aide l’homme à coopérer à l’œuvre d’humanisation. 

En outre, on peut dire que l’éducation doit développer chez l’être humain, l’initiative personnelle ; on ose à redire sur tous les tons que faire l’éducation de quelqu’un, c’est lui apprendre à penser, à vouloir, à vivre en un mot pour lui-même ainsi pour l’épanouissement des autres. Dans cette optique, il s’agit en éducation d’aider des personnes à prendre conscience d’elles-mêmes, de leurs devoirs, de leurs responsabilités. Il s’agit aussi de les susciter à la vie meilleure, chrétienne, intellectuelle et morale, en un mot de les faire naitre.

L’éducation est véritablement un enfantement. Or, comme l’enfantement, elle est l’œuvre d’amour, mais d’amour réfléchie et voulu, par lequel on anime quelqu’un pour lui et non pour soi, d’amour qui n’est pas soumis à aucune fatalité et qui atteint son but librement en sachant ce qu’il fait. Et bien plus, c’est parce qu’elle est essentiellement  aimante que l’autorité éducative évite d’être opprimante. Elle ne se concilie pas seulement avec la libre initiative de l’élève, elle fournit au contraire le secours dont elle a besoin pour se produire. Et s’il  nous convient de dire que c’est un enfantement, c’est un enfantement à une vie supérieure par l’action d’une vie supérieure.

Au sein de ce but, nous ne pouvons pas en effet échapper à l’action de la société dans laquelle nous naissons et dans laquelle nous vivons. Pour notre bien et pour notre mal, personne ne peut éviter de recevoir une éducation. Sur ce, l’éducation vaut bien la peine qu’on y fasse attention. Elle doit se proposer comme but, le développement de l’initiative personnelle et la réalisation de la liberté humaine. Ici, c’est très bien de dire que l’éducation doit développer l’initiative vivante et qu’à ce titre elle ne peut se faire que par ‘’coopération’’ ; c’est très bien aussi de lui assigner comme but la délivrance, le salut des âmes et d’entendre par là une vie de l’esprit s’épanouissant dans la vérité et dans la bonté du développement humain et social. Car l’homme est ce qu’il est que par l’éducation nous laisse savoir Emmanuel Kant.

On comprend clairement que l’éducation joue un rôle important dans l’accomplissement de l’homme à titre personnel et aussi dans le développement de la société et dans l’amélioration de la vie. L’éducation en Haïti aide-t-elle à bien former les ressources dont le pays a besoin pour son développement ? Qu’est-ce qui caractérise l’éducation en Haïti ?

Caractéristiques de l’éducation en Haïti

Ce n’est un secret pour personne que 70 à 80 % de la population haïtienne est analphabète, C’est ce que révèle les statistiques. Et paradoxalement, l’école en Haïti comme partout ailleurs représente l’avenir. D’elle la population attends de grands espoirs ; elle est le seul moyen d’accès à la culture, elle transmets les valeurs et symbolise le changement pour tout un peuple.

Cependant dans une société en pleine mutation, secouée par des crises politiques et sociaux à répétition, l’école ne peut plus se contenter de son rôle de trie et de reproduction de l’élite. Elle a un devoir envers son peuple et doit s’adapter à la mutation sociologique.

Dans le pays, on ne peut parler de système éducatif qui accomplirait son devoir public, répondant à la satisfaction du pays : Former les jeunes et leur permettre d’accéder à une profession. Bien au contraire, le réseau scolaire est multiple et complexe. Une grosse machinerie à exclusion sociale ; Beaucoup de ces écoles appartiennent à un secteur dit « informel», elles ne sont régies pour la plus part par aucune loi.

Tout le monde ou presque peut s’improviser « professeur » des écoles. Comme matériel pédagogique ? L’abécédaire, le Timalice aux pays des lettres, un arbre ombrager fera office de toit, quelques bancs, un morceau de planche en guise de tableau… Parallèlement à ces écoles anarchiques, existent les secteurs privés : religieuses ou laïques dont la durée de vie va dépendre des moyens financiers et de la qualité de leurs services.

Les écoles prodiguant un enseignant plus ou moins de qualité avec des professeurs ‘’compétents’’ sont très peu nombreuses. D’ailleurs les frais de scolarisation sont inaccessibles au grand nombre. Seule la moyenne et la haute bourgeoisie peuvent y faire face. De plus, les provinces sont complètement oubliées…2/3 des établissements secondaires et professionnels se concentrent dans les grandes villes dont une bonne partie à Port-au-Prince.

Aussi, les approches utilisées dans ces soit disant bonnes écoles ne responsabilisent pas les élèves. Le professeur est le seul magister dixit. Des élèves qui sont là, à la merci du professeur et qui n’ont aucune possibilité de participer au processus de leur formation. Leur sens d’initiative est resté à l’état latent. Résultat, quand ils arrivent à l’université ou souvent le formateur est un simple guide, un facilitateur, ils ont toujours du mal à s’adapter et à prendre en main leur étude. C’est ce qui fait que ce système est un système qui favorise que l’échec.

 Sur 100 élèves admis en 1ère année fondamentale, seulement environ 10 arrivent en terminale et moins que 5 aura la chance d’entrer à l’université et 1 seul sortira avec son diplôme. Sur toute la ligne, les approches de cette éducation en Haïti ne favorisent que l’échec et ne contribue pas à la formation de l’homme haïtien qu’on a besoin pour créer la nation que nous rêvons. Et c’est en ce sens que l’approche par compétence peut à mon avis contribuer à former une nouvelle génération pour un meilleur futur de ce pays et de l’homme haïtien.

 Caractéristiques de l’enseignement selon l’approche par compétence

 

L’approche par compétences est une approche centrée sur l’action de l’élève. Elle s’inspire largement du mouvement de la psychologie cognitive qui prône l’implication totale de l’élève dans sa propre formation. C’est une pédagogie de l’intégration qui est basée sur le fait d’apprendre à l’élève très tôt à gérer la complexité. Cette complexité est faite :,

(1) des acquis scolaires : les savoirs, les savoir-faire, les savoir-être ;

(2) des situations de la vie courante, des contextes que l’élève sera appelé à rencontrer ;

(3) des compétences de vie qu’il sera appelé à mobiliser pour résoudre des situations complexes en tentant certaines fois de trouver la voie tout seul.

L’approche par compétences n’est pas une méthode d’enseignement à part entière, mais une approche de planification des contenus de la formation, une approche programme axée sur l’acquisition de compétences. Elle est beaucoup plus une méthodologie d’élaboration de plans de formation et d’élaboration de produit de formation (les matériels Montessori, par exemple).

L’enseignement selon l’approche par compétence.

Cette nouvelle approche, l’approche par compétence, dans l’apprentissage libère les élèves du professeur. Elle leur donne la responsabilité de faire avancer l’apprentissage. Le professeur dans ce cas est considéré comme un guide, un coach, un mentor... Il est là pour motiver les élèves sur le rôle qu’ils doivent jouer et sur leur implication  dans la réussite  de l’enseignement et de l’apprentissage.

L’approche par compétence aide l’élève à prendre en main son propre bien-être d’élève. Le slogan de la méthode Montessori par exemple qui est une méthode de prêt similaire à l’approche par compétence, c’est : Aider l’élève à faire seul. Cela suppose la participation active de l’élève dans son enseignement, il est le maitre de la chose, il s’implique, il est responsable. Bref, l’utilisation de cette approche aura des incidences positives et directes sur l’apprentissage. En ce sens qu’elle favorise la réussite du groupe et de chaque élève en particulier, elle développe l’autonomie et la responsabilité chez les élèves, elle favorise le travail en équipe, développe chez les apprenants l’esprit d’initiative et la créativité et allie souplesse et rigueur. Elle présente un cadre aux élèves à l’intérieur duquel ils peuvent jouir d’une certaine liberté d’action. Cette approche crée des hommes et des femmes d’action, conscients de leur implication, de leur rôle et j’en passe. C’est ce qu’il nous faut pour notre système en dehors de tout ce qu’il faire à d’autre niveau.

Tout ceci est pour dire que toute situation d’apprentissage exige de l’apprenant des qualités intrinsèques et le formateur doit aider l’apprenant à les connaitre et à les développer. C’est l’un des principaux moyens pour créer chez l’apprenant l’indépendance et la motivation d’apprendre seule. En réalité, les meilleurs établissements d’enseignement, les meilleurs professeurs, les meilleurs programmes du monde, ne peuvent rien apporter sans l’engagement personnel et responsable de l’élève.

Rappelons une fois de plus que la grande mission sociale de l’éducation est d’assurer à l'enfant justice, harmonie, réussite, et amour. Cette tâche importante revient à l'éducation et l’éducation seule, c'est notre seule façon de bâtir un monde nouveau et de construire la paix.  Pour nous ; l'éducation n'est pas une instruction au sens habituel de ce mot, consistant à transmettre un ensemble de savoir à l'enfant au cours de sa scolarité: pour nous, l'éducation est une forme de protection, d'aide donnée dans le respect des lois de la vie. Les objectifs fondamentaux sont la prise de conscience de la valeur de la personne humaine et le développement de l'humanité. Ce qu'il nous faut donc; c'est une éducation qui conduise la personne humaine à reconnaitre sa propre grandeur et à participer au processus d’amélioration de sa communauté. Donc une approche pédagogique pouvant aider à développer facilement ces valeurs chez l’individu, c’est ce qu’il faut en Haïti. Et je le crois, l’approche par compétence comme méthode d’apprentissage peut aider à avoir au pays une nouvelle génération d’homme plus pratique, plus pragmatique, plus conscient du rôle qu’ils ont à jouer pour l’amélioration du demain meilleur que nous rêvons tous, de l’Haïti nouvelle que nous attendons tous. Il faut dès l’école initier nos enfants à être des acteurs et non des passifs qui regardent un professeur qui agit. Changeons de paradigme.  Cette approche à bien des égards pourrait aider et inciter une dynamique de changement à l’enseignement en Haïti. Appliquée depuis déjà plusieurs années à Québec, cette approche ne donne que de bons résultats.

Par Duc
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Mercredi 23 janvier 2008 3 23 /01 /Jan /2008 18:50

 

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Il est maintenant démontré que le développement ne peut être articulé aux seuls paramètres économiques. Au-delà, il y a d’autres paramètres liés, des paramètres culturels. Et cette culture, pour éclore et atteindre sa parfaite efficience a besoin d’un outil de promotion et de vulgarisation qui dépasse toutes les frontières. Cet outil, c’est l’internet.
 
Si sa progression est spectaculaire dans les pays développés, elle ne l’est pas moins en Haïti. Malgré les immenses difficultés et crainte dues notamment à la faiblesse du réseau téléphonique mais également à la crainte d’une acculturation. Ainsi, Haïti pour rompre avec l’isolement, cherche à se saisir de l’internet, notamment en matière culturelle. Encore faut-il que l’internet ne soit pas pour Haïti une trouvaille de plus dont, il faut juste se servir sans servir, consommer sans produire.
 
Les enjeux culturels de l’internet en Haïti se posent alors en deux termes: l’internet, une nouvelle forme d’acculturation ou d’impérialisme? Ou au contraire, faudrait-il voir en internet une chance réelle pour Haïti de montrer sa vraie culture, son vrai visage.
 
Nous tenterons dans la première partie de ce texte de présenter quelques dangers de l’internet pour la culture. Ensuite nous présenterons des avantages en se servant de cas pratiques d’usages culturels de l’internet en Haïti. Pour finir nous étudierons les changements induits ou influence de l’internet sur la culture haïtienne.
 
 
Développement
 
 
Définition du concept culture
 
La culture selon l’ethnologue britannique E.B Taylor, est un ensemble complexe qui inclut la connaissance, la croyance, l’art, la morale, la coutume et toutes autres capacités et habitudes acquises par l’homme en tant que membre de la société. Dans cette optique, le champ culturel embrasse pratiquement tout ce qui fait de l’individu un être social.
 
Cette conception de la culture nous permet de mesurer et d’appréhender les enjeux réels puisque la culture définit en quelque sorte l’identité de l’individu, d’où un intérêt pour tous les peuples à conserver et à promouvoir ses valeurs culturelles. Haïti plus que tout autre pays a besoin de retrouver, de restaurer et de promouvoir sa culture longtemps bafouée par des siècles d’esclavage suivis de la colonisation.
 
 
 
I - L’INTERNET, UNE MENACE POUR LA CULTURE HAITIENNE
 
Après 200 ans d’indépendance et des décennies d’assistance, les grandes puissances proposent à Haïti à l’aube du troisième millénaire, un nouveau type de coopération: son intégration au <village global>. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication particulièrement l’internet suscitent la crainte d’offrir conservation de la culture.
 
Les institutions internationales, les centres de recherches scientifiques et universitaires, les grandes entreprises de production manifestent un nouvel intérêt pour la première république noire indépendante du monde .Ils initient divers projets d`installation et de développement de l’internet en Haïti. Les grandes puissances francophones : La France et le Canada par exemple, manifestent leur action a travers AUPELF-UREF. Et les américains à travers le programme CISCO implanté à la faculté des sciences, il y a de cela une année.
 
Il convient d’ajouter à cela que l’internet est également un ‘’lieu “ ou sévissent malheureusement des réseaux pervers de prostitués, de pédophiles, de terroristes et autres idéologies sectaires, qui peuvent causer des dérapages au sein d’une jeunesse haïtienne avide de modèles sociaux. Le parent ne peut pas contrôler l’action des jeunes qui utilisent internet. Ainsi, il est à craindre une perversion de la jeunesse haïtienne qui s’expose au risque de perdre ses repères culturels. L’absence ou la faiblesse de la régulation autorise ainsi des dérives préjudiciables au bien-être social et le problème des dérapages reste entier. La liberté de l’information qui est un principe de base de l’internet pourrait, donc entraîner au libertinage.
 
Une attitude protectionniste ne résistera certainement pas au vent de l’histoire ni au désir de la jeunesse haïtienne de prendre sa place dans le village planétaire. Il appartient donc aux haïtiens de faire de l’internet un outil de promotion et d’affirmation de l’identité culturelle haïtienne.
 
L’internet est un outil de communication au même titre que le téléphone, le fax, le journal, le livre etc. Il serait donc vain de voir en lui une forme d’acculturation. Malgré le spectre de la mondialisation et de l’impérialisme américain eu égard à la forte présence de la langue anglaise, force est de constater que le cyberespace ne constitue jamais un jeu à solution nulle. En d’autres mots, l’espace occupé par les sites de langue anglaise n’enlève nullement de place aux autres langues . Promu de la sorte, l’internet cesse d’ètre une menace pour la culture haitenne . En est-il pour autant un terrain d’expression fertile ?
 
II- L’INTERNET UNE CHANCE POUR LA CULTURE HAITIENNE 
 
S’il est vrai qu’en apparence l’internet, porte en lui des signes d’acculturation, il est aussi un puissant outil de promotion pour la culture. Appréhendé à son sens primaire d’outil et de réseau, l’internet ne fait pas courir le risque d’une acculturation. C’est l’argument majeur de beaucoup de personnes qui considèrent que l’internet n’est qu’un médium, certes polymorphe, mais simple médium tout de même. C’est ce que soutient Jean Claude GUEDEON en affirmant : «Internet, rappelons-le une fois de plus, ne crée rien par lui-même. Porteur d’une nouvelle donne, il conduit les granularités humaines à se reconstituer au détour de courses, de concurrences, mais aussi de nouvelles formes de collaboration qui vont traverser pays, institutions et comportements individuels.»
 
C’est à dire que l’internet est un outil qui peut influencer les différentes formes de culture qui sont off line (qui n’est pas sur internet). Et si on pose le débat en terme d’acculturation, la première chose à remarquer c’est que l’Internet n’est pas un espace unifié. On peut considérer, finalement, qu’il n’y a pas de notion de public sur internet et donc, sous sa forme informationnelle, l’internet ressemble plus à une bibliothèque qu’à une station de télévision. Ceci à moins de l’écarter, réduit fort bien les risques d’une acculturation par le bais de l’internet.
 
Cela ne suffit pas pour faire de l’internet un outil de promotion de la culture haïtienne .Il appartient des lors aux haïtiens de donner un corps à cette coquille vide qu’est internet et d ‘en faire usage de façon rationnelle pour jouir de toutes les chances que l’internet offre à la promotion et à la conservation de la culture.
 
II .1. LES USAGES DE L’INTENET AU SERVICE DE LA CULTURE EN HAÏTI.
 
Les usages de l’internet à des fins culturelles sont nombreux, nous les scinderons alors en trois grandes catégories en fonction des résultats ou des effets qu’ils produisent. Il s’agit surtout, pour nous, de la promotion de la culture, de sa conservation mais également il est un outil d’échange. Il est également à noter que l’internet entraîne de nouvelles pratiques, de nouvelle façon de vivre qui influence les pratiques culturelles.
 
II.1.1 – Promouvoir la culture haïtienne
 
L’Internet met au même niveau de visibilité les petites structures culturelles et les grandes ce qui constitue en soi un terrain de compétition loyale. C’est donc une chance pour les petites entreprises culturelle qui n’ont pas forcement la chance de participer aux foires, rencontres et autre expositions qui nécessitent des moyens énormes. Il s’agit pour les haïtiens de mettre en place des sites web de promotion culturelle qui seront la vitrine culturelle d’Haïti. Ces sites web seront pour l’essentiel, des portails .Ils ouvriront Haïti à l’extérieure et lui permettront également une valeur ajoutée en ce sens qu’ils pourront valoir à Haïti un marché touristique à grande échelle .Ils devraient être pour l’essentiel des sites de vente de produits culturels d’artistes Haïtiens, d’exposition et de galeries culturelles, de sites de centre culturels nationaux ou bilatéraux.
 
L’internet peut permettre aujourd’hui à tous les haïtiens du monde de rester en contact avec leur culture .Nous pouvons tous, aujourd’hui nous informer, sur les manifestations culturelles (festivals, folklore, expositions, etc).
 
II .1.2 Diffuser la culture haïtienne
 
L’Internet est en effet un outil de conservation du patrimoine culturel en ce sens qu’il peut présenter à l’humanité la richesse des vestiges culturels d’Haïti. C’est ainsi qu’il est possible maintenant à partir de n’importe quel point du monde de tout savoir sur la Citadelle, la ville de Jacmel et tous les grands sites qui ont marqué l’histoire du pays et qui étaient peu connus du grand public. Il n’est aujourd’hui point besoin par exemple d’aller aux Cayes pour visiter l’hôtel Port Morgan, d’aller au Cap pour visiter la Citadelle Laférière.
 
II.1.3 – Internet, un outil d’échange.
 
Le web est le service d’Internet le plus connu, c’est pourquoi il est souvent assimilé au réseau Internet lui-même, alors qu’il n’en est qu’une application. La messagerie électronique est cependant devenue l’outil de communication par essence sur Internet, Haïti n’est pas exempte à phénomène.
 
Du point de vue purement culturel, toutes les associations de promotion culturelle possèdent une boite à lettres ou utilisent celle d’un de leurs membres basés dans les grandes villes. C’est le cas de l’association BoulevART de liaison qui arrive à maintenir le contact avec ses différents membres un peu partout à travers le canada, la France et les Etats-Unis. Il convient de souligner par ailleurs, le fait que les artistes et artisans haïtiens disposent à titre individuel ou associatif, des boites électroniques qui leur permettent d’entretenir des relations, à la fois commerciales et culturelles avec des partenaires nationaux ou étrangers. Il en est de même pour les musées, galeries d’art, troupes et compagnies théâtrales, ballets, groupes musicaux, cinéastes etc.
 
 
III – INFLUENCE DE L’INTERNET SUR LA CULTURE HAITIENNE.
 
 
L’avènement des NTIC et de l’internet en particulier a fortement modifié ou influencé les habitudes de vie chez beaucoup d’haïtiens. L’influence de l’internet sur la culture n’est pas toujours positive, même si par ailleurs l’outil présente pour Haïti des atouts de taille.
 
III.1 – Sur la culture de l’oralité
 
La particularité de la culture haïtienne est qu’elle est fondée sur l’oralité. Ce facteur est le fondement de la culture haïtienne. L’Internet a entraîné une seconde révolution de la communication qui de l’oral à l’écrit, passera finalement à l’hypertexte ou l’hypermédia.
 
Quel jeune haïtien moderne n’a jamais envoyé un mail à un ami pour lui souhaiter un joyeux anniversaire ( avec une carte virtuelle), une bonne fête ou un simple bonjour? Toute cette sympathie se manifestait autrefois par un déplacement chez les parents ou l’ami à qui l’on présentait de vive voix ses voeux pour tous les évènements de la vie. Qui parmi nous n’a pas encore participé à une discussion en ligne en direct( chat line), parfois juste pour dire bonjour, même à sa femme avec qui on partage la même maison. Cette communication plus qu’un besoin d’informer et une façon de montrer à quelle catégorie on appartient. Nous voulons tous montrer que nous sommes des “ cybercitoyens” que nous appartenons à la “cyberculture” que nous ne sommes pas de “cyberanalphabètes”
 
III.1.1 – Une nouvelle façon de communiquer et de communier.
 
En Haïti comme partout dans le monde, la messagerie électronique demeure le plus usitée de l’Internet. Il est cependant impossible de déterminer avec exactitude le nombre d’abonnés ou de personnes qui possèdent une adresse électronique en Haïti. La particularité d’Haïti est que les boites à lettre électronique sont souvent partagées et que certains usagers possèdent plusieurs boitent. L’Internet renforce le partage et la solidarité qui sont jusqu’ici reconnus comme une vertu haïtienne mais qui tend à s’effriter.
 
On évalue aujourd’hui à plusieurs milliers le nombre d’haïtiens détenteurs d’une adresse électronique. Le profil de l’internaute haïtien est le suivant: sexe masculin, intellectuel, citadin. Les utilisateurs sont surtout des étudiants, des employés d’organisations internationales, des ONG. Les jeunes étudiants délaissent aujourd’hui les bureaux, et autres services de renseignement pour trouver des adresses d’universités et des formulaires de demande de pré-inscription dans des universités canadiennes, américaines ou françaises. Les jeunes haïtiens qui parcouraient des revues à la recherche de messagerie pour échanger des correspondances. 
 
Nous ne sommes plus obligés d’avoir pour confident un frère, une sœur, un père ou une mère. Avec l’Internet les jeunes n’éprouvent aucune gêne à se confier à un ami inconnu. A celui que l’on n’a jamais vu, que l’on a juste connu dans un forum de discussion et qui peut donner des conseils sans aucun risque de révéler un secret. Ainsi des relations amicales se tissent sous des pseudonymes, certaines relations peuvent aboutir à des séjours chez l’ami, des vacances et plus souvent à des mariages.
 
 
 
Conclusion 
 
 
Le sommet haïtien de l’Internet, a suggéré aux gouvernements l’introduction des cours sur l’Internet dans les programmes scolaires pour une meilleure appropriation des NTIC de même que la création de centre d’excellence en matière de NTIC. Cette recommandation avant-gardiste, au demeurant, trouve son explication dans l’influence de l’Internet sur la population haïtienne. Haïti ne peut donc pas échapper à cette nouvelle culture de l’universel que nous avons tantôt appelé « cyberculture ».
 
Haïti se trouve ainsi à la croisée des chemins, obligée de choisir entre un conservatisme de ses valeurs culturelles, c’est-à-dire une vie en autarcie qui la priverait d’une place dans ce monde, ‘’ le cyberéspace’’ et, une ouverture vers le nouveau village planétaire au risque de s’exposer à une nouvelle forme d’impérialisme qui ne dit pas encore son nom.
 
Entre la menace d’une acculturation et la chance de réaliser le saut technologique grâce à l’appropriation de nouveaux moyens d’agir, l’Internet doit permettre à la communauté haïtienne de tirer parti des possibilités qu’il offre et de prendre en compte les besoins locaux en vue de produire des contenus de qualité. L’Internet est aussi un moyen de libérer la recherche et l’enseignement haïtien de la tutelle occidentale dans la mesure où les haïtiens peuvent diffuser des contenus haïtiens à moindre frais et sans passer par les grands éditeurs ou les diffuseurs occidentaux.
 
La culture haïtienne est encore fortement dominée par l’oralité et gagnerait à disposer de messagerie électronique et d’autres applications de l’Internet qui exploitent davantage l’oral et le visuel. Les écrans tactiles, les logiciels de reconnaissance vocale, les sites de traduction et la téléphonie sur Internet à moindre frais en augmentent les enjeux pour Haïti.
 
Pour ce faire, Haïti doit mettre en place les infrastructures qui permettent à la population de disposer des NTIC, réduire les coûts de communication pour briser la fracture numérique, sensibiliser et former la population à l’usage des NTIC, enfin, encourager les initiatives populaires d’appropriation de ces NTIC.
 
Il appartient cependant à la population de montrer une volonté réelle de se servir de NTIC, à la fois pour préserver et valoriser l’héritage culturel du pays. C’est également à la population de faire de ces NTIC un outil de développement durable qui pourrait à la fois améliorer l’image d’Haïti dans ce monde et lutter contre la pauvreté en générant des revenus pour la communauté.
 
Par Duc
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Vendredi 18 janvier 2008 5 18 /01 /Jan /2008 15:09
Au début du mois de février, les haïtiens de la ville et de la province s’emplissent de formes, couleurs, paillettes et silhouettes fantastiques. Les fonctionnaires municipaux particulièrement à Port-au-Prince analysent le carnaval-copie-1.jpg s problèmes relatifs à l’approvisionnement électrique, aux autorisations à délivrer aux milliers de vendeurs ambulants de nourriture et de boissons ou à l’installation de lignes téléphoniques et de câbles de communication pour la presse. Des contacts sont établis avec les hôpitaux et les centres médicaux locaux en prévision de l’accueil de ceux qui font des malaises ou qui ont trop bu ou pris trop de drogue. La police nationale met en place de vastes plans de contrôle du trafic routier dans les villes et de prévention des accidents sur le parcours des chars. Une véritable logistique de guerre se met en place par le biais des stations radio, des chaînes de télévision et des rédactions des journaux et magazines. Les distributeurs de bière et de boisson sans alcool produisent et transportent des tonnes de leur précieux liquide, entre les brasseries et les plus petits des débits de boisson. Plusieurs camions sont équipés des systèmes audio les plus modernes, et se préparent à animer les rues et les bands à pieds sont déchainés pour donner la meilleure qu’il faut aux fêtards. Les hôtels, compagnies aériennes et tour-opérateurs font les derniers préparatifs en vue d’accueillir des hordes avides de sensations particulières. Couturiers, maquilleurs, techniciens, ingénieurs, infirmiers, médecins, dealers, bookmakers, tops modèles, prostituées … tous se préparent à un surplus de travail intense et délicat, qui peut leur apporter plaisir et profit, et peut-être un peu de renommée et une apparition dans les médias. Le Carnaval s’annonce, les haïtiens sont sur leur piédestal, leur moment de plaisir et de défoulement est arrivé. Ils sont prêts à mettre leur ceinture en valeur aux sons irrésistibles des chars et des bands à pieds. Quelle est cette fête ?
Le Carnaval, on le sait, est la célébration populaire la plus caractéristique d’Haïti. Il rassemble le plus grand nombre de personnes et est connu dans le monde entier. Il existe plusieurs raisons au fait que le Carnaval haïtien soit devenu si célèbre : la beauté esthétique des parades, la joie des troupes carnavalesques et les prestations des groupes, T-Vice, Djakout, Sweet Micky et j’an passe, le nombre de personnes qui se retrouvent dans les rues et participent aux festivités, le caractère sexuel exacerbé, les profits générés et l’immense organisation déployée dans la majeure partie du pays pour préparer les manifestations. Tout cela pour favoriser le plein plaisir des participants (haïtiens et étrangers). Quelle est donc l’origine son origine ?
Le mot carnaval vient du latin carne vale  signifiant "adieu  à la chair", une référence non seulement à la viande mais aussi à tout autre plaisir interdit durant les 40 jours de Carême. C'est pourquoi, durant les jours précédant le Mercredi des Cendres, premier jour de Carême, il était coutume dans les pays catholiques de l'Europe Occidentale de manger à satiété et de s'adonner à toute autre débauche rivalisant des fois, les Bacchanales, les Saturnales et les Lupercales de l'Empire romain.
En Haïti, le carnaval demeure donc un temps de grandes réjouissances populaires et d'intenses défoulements. Appelée "mardi gras" la saison dite de carnaval commence le Dimanche après l'Epiphanie (6 Janvier) pour atteindre sa culmination durant les trois jours précédant le Mercredi des Cendres. Comme disait un ancien maire de Port-au-Prince, dans la société haïtienne, cette festivité n'est pas négociable.
Durant les dimanches de préparations, des groupes à pied ou sur des camions transformés pour la circonstance en chars se déambulant dans les principales artères des grandes villes et de certaines communes. C'est donc une façon pour ces groupes de tester la composition musicale qu'ils ont préparé pour la circonstance.
Pendant la période carnavalesque, les hôtels de Port-au-prince et de Jacmel sont bondés de Touristes, et de compatriotes vivant dans la diaspora. Ils achètent par ci et par là. Ce qui fait que le carnaval a des retombées positives sur l’économie nationale.
Pendant les trois jours gras,  les différentes mairies prennent en charge les défilés quotidiens en défrayant les frais de certains groupes. Les participants à ces défilés se déguisent au gré de leur fantaisie portant des masques de fabrications étrangères ou créées localement. Les membres des groupes de quartier ou des clubs portent un déguisement démontrant leur affiliation.
Jusqu'au milieu des années 80, les déguisements étaient plutôt traditionnels, avec un goût poussé pour les habitants précolombiens (les indiens) et certains personnages grotesques de l'histoire (ex. Charles Oscar), Toutefois, récemment, il devient de plus en plus courant de voir des participants se déguiser en  fameux et contemporains personnages. Les défilés sont animés par des groupes musicaux montés sur des chars flamboyamment décorés aux frais de commanditaires ou des mairies et dont la musique rythmique (meringue) entrainent participants et spectateurs. L'observateur impassible ne manquera probablement pas de noter que ces défilés sont en quelque sorte une fusion de spectacle pompeux, de musique, de dance et d'émotion accompagnée quelques rares fois, de violences.
Il arrive souvent que deux ou trois groupes musicaux dominent ou donnent le ton aux festivités carnavalesques, une situation pouvant se dégénérer en rivalités.  A Port-au-Prince, par exemple, dans les années 50, une certaine rivalité existait entre les groupes Titato du Bel-Air, Dragon du quartier de Poste-Marchand, et Nirvana du Portail de Léogane. Les années 60 verraient l'émergence des groupes Compas Direct dirigé par Nemours Jean-Baptiste et Cadence Rampa de Webert Sicot. Les Groupes Gypsies et Difficiles tous deux de Pétion-Ville furent les concurrents des années 70. Aujourd'hui, Sweet Micky, Djakout-mizik, T-Vice représentants du rythme compas,  le groupe à tendance rap King Posse, et ceux de rythme racine, Boukman Eksperians et Ram, dominent le pavé.
Jusqu'à tout récemment, le carnaval à Port-au-Prince était le de facto carnaval national. Haitiens et touristes étrangers venaient d'un peu partout pour y assister ou y participer. Ces dernières années, le carnaval à Jacmel se fait une certaine renommée à cause de sa créativité. Des milliers de visiteurs se déferlent sur la métropole du Sud-Est pendant ces festivités qui ont lieu généralement une semaine avant celles de Port-au-Prince.
Au moment de défoulement et d'intenses émotions populaires, des dérapages peuvent facilement être enregistrés. Les régimes politiques en Haïti l'ont toujours compris, c'est pourquoi les gouvernements de ces cinq dernières décades ont toujours essayé de contrôler le flot et le déferlement suscité par les festivités carnavalesques, mettant ouvertement ou tacitement en garde contre toute expression de protestation politique ou, mieux encore monopolisant l'événement pour faire passer leur propre message. Ces genres de situations ont été des plus évidentes sous les régimes des Duvaliers. Et pendant deux ou trois années, sous la présidence de Francois Duvalier, Haiti ne connut pas seulement une période de carnaval mais deux (le carnaval traditionnel avant le temps des carême, et un autre organisé au printemps appelé Carnaval des Fleurs). Toutefois, il a été vraiment difficile aux gouvernements d'avoir une totale main mise sur le carnaval, et les Haïtiens en ont toujours profité pour se distraire éperdument et se faire entendre. 
Jackson Germain
 
 
 
Par Germain
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Jeudi 17 janvier 2008 4 17 /01 /Jan /2008 16:16
Parler c’est dépenser écouter c’est enrichir, disait un proverbe asiatique. De fait on comprend l’importance de l’écoute dans une communication, une conversation. Pour que la rétroaction soit positive par rapport à l’attente de l’émetteur, faudrait il que la réception soit bonne et une bonne réception demande indubitablement une bonne écoute. Ecouter c’est un art voire un savoir.
 
Quand on écoute avec attention, on rentre dans l’univers de la personne. On maitrise les aspects cachés de son discours. Son regard, ses gestes, son débit, l’enchainement entre ses mots et ses gestes constitue des éléments très pertinents dans le décodage de son message. Pour cela, il est évident à ce qu’on accorde du temps pour écouter celui à qui l’on parle.
 
Parler peu est preuve de sagesse, de présence, d’honnêteté certaine fois. Les américains aiment dire, only silence is large.  Quand on parle peu on dit moins de bêtises, on fait moins d’erreur, la bible nous demande de tenir notre langue en bride en vue de faire montre de notre sagesse, de notre sens de valoriser celui qui est en face. Quand on le laisse parler, il se sent plus en confiance, il sent  qu’il fait du lest.
 
En fin compte, en toute circonstance, il faut laisser les autres deviner qui on est vraiment. Qu’est ce qu’on a comme compétence. On pourrait dans le cas contraire faire figure de zizu, de snob et j’en passe. Tout compte fait, il faut tourner sa langue 7 fois 77 fois 7 fois avant de dire mots. ET toute notre vie, on ne cessera de dire que le silence est de l’or…
 
 
     
Par Germain
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